Deux cuisiniers en tenue noire au travail dans une cuisine professionnelle

Quels métiers recrutent le plus en France ?

Chaque automne, France Travail interroge plus de 400 000 établissements sur leurs embauches de l’année suivante. Le résultat, l’enquête Besoins en main-d’œuvre (BMO), est la photographie la plus complète du marché de l’emploi en France. La dernière édition recense plus de 2,2 millions de projets de recrutement.

Voici ce qu’elle dit vraiment, métier par métier, et ce qu’il faut en retenir quand on cherche un poste.

Le podium : restauration, agriculture et entretien

Les deux métiers les plus demandés sont dans la restauration : les aides de cuisine et employés polyvalents (97 076 projets) et les serveurs de cafés et restaurants (93 769 projets). Suivent les viticulteurs et arboriculteurs, les agriculteurs et les agents d’entretien de locaux, tous au-dessus de 80 000 projets. Ce sont des métiers qui recrutent en masse parce qu’ils tournent beaucoup : contrats courts, saisons, départs fréquents.

Juste derrière, un autre bloc se détache, celui du soin et de l’accompagnement. Aides à domicile et auxiliaires de vie (69 413 projets), aides-soignants (61 987), infirmiers (36 491) : ces métiers-là recrutent toute l’année, sur des contrats plus stables, et les employeurs peinent à trouver.

Les 15 métiers qui comptent le plus de projets de recrutement
Aides de cuisine, employés polyvalents de restauration97 076
Serveurs de cafés restaurants93 769
Viticulteurs, arboriculteurs83 806
Agriculteurs81 938
Agents d’entretien de locaux80 760
Aides à domicile et auxiliaires de vie69 413
Professionnels de l’animation socioculturelle64 780
Aides-soignants61 987
Employés de libre service59 827
Cuisiniers51 475
Artistes (musique, danse, spectacles)51 022
Employés de l’hôtellerie49 228
Personnels de ménage chez des particuliers38 839
Infirmiers et sages-femmes36 491
Caissiers31 253

Source : France Travail, enquête Besoins en main-d’œuvre 2026. En jaune : plus de la moitié des recrutements jugés difficiles.

Beaucoup de postes ne veut pas dire postes faciles à décrocher

Un gros volume de recrutements traduit souvent un fort renouvellement. Dans la vigne, 95 % des projets sont saisonniers ; chez les serveurs, 67 %. On trouve facilement une place pour quelques semaines, beaucoup moins facilement un CDI. À l’inverse, les aides à domicile ne sont saisonnières que dans 12 % des cas, et les employeurs jugent 62 % de ces recrutements difficiles : c’est un marché où le candidat a la main.

La bonne lecture consiste donc à croiser deux chiffres : le nombre de projets, qui dit où sont les portes, et la part de recrutements difficiles, qui dit si l’employeur vous attend. Sur l’ensemble de l’enquête, 43 % des projets sont jugés difficiles par les recruteurs, et 32 % sont saisonniers.

Et dans votre département ? Le classement national cache de grosses différences locales : la vigne pèse lourd en Gironde, l’hôtellerie en Savoie, l’industrie dans le Nord.

Voir les métiers qui recrutent près de chez moi, selon mon niveau

Les métiers qualifiés où l’on manque de bras

Si l’on regarde les métiers où les employeurs ont le plus de mal, le podium change complètement. Couvreurs (79 % de recrutements difficiles), carrossiers (78 %), mécaniciens de véhicules (72 %), maçons et menuisiers (70 %) : l’artisanat du bâtiment et de l’automobile manque cruellement de profils formés. Côté santé, les médecins atteignent 78 %.

Ces métiers demandent presque tous un diplôme, souvent un CAP. C’est une bonne nouvelle pour une reconversion : la formation est courte, et le marché est déjà là à la sortie. Un CAP de maçon ou de mécanicien se prépare en un an pour un adulte, et l’alternance permet d’être payé pendant ce temps.

Le bon métier n’est pas celui qui publie le plus d’annonces, c’est celui où votre profil est rare.

Comment utiliser ce classement pour votre recherche ?

Commencez par votre niveau de diplôme réel, pas celui que vous pensez devoir avoir. Selon notre classement des niveaux d’accès, un tiers des projets recensés concernent des métiers accessibles sans diplôme, et un autre tiers des métiers de niveau CAP. Les postes qui demandent habituellement un bac+2 ou plus pèsent moins d’un projet sur cinq.

Regardez ensuite la géographie. Paris concentre à lui seul 118 674 projets, les Bouches-du-Rhône 73 360, le Nord et la Gironde plus de 67 000 chacun. Un même métier peut être saturé dans une ville et introuvable à 50 kilomètres. Si vous êtes mobile, c’est un levier énorme ; si vous ne l’êtes pas, c’est une raison de plus de regarder les chiffres de votre département plutôt que le classement national. Et si votre recherche patine malgré tout, nous avons listé les pistes pour réorienter une recherche d’emploi qui ne donne rien.

Ce que l’enquête ne dit pas

La BMO mesure des intentions d’embauche déclarées par les employeurs, pas des offres publiées ni des embauches réalisées. Une entreprise qui prévoit trois recrutements peut n’en faire que deux, ou cinq. Les chiffres donnent la taille et la tension du marché, pas une garantie de poste.

Elle ne dit rien non plus des salaires ni des conditions de travail. Un métier très demandé peut l’être précisément parce qu’il est dur, mal payé ou en horaires décalés. Avant de vous lancer, confrontez les chiffres à la réalité du terrain : un stage d’observation, une période de mise en situation en milieu professionnel via France Travail, ou simplement une discussion avec quelqu’un du métier.

Source : France Travail, enquête Besoins en main-d’œuvre 2026, données ouvertes (projets de recrutement par métier et par bassin d’emploi).

Laisser un commentaire

Votre adresse e-mail ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *